REALMECA
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Daniel Hissel, Vice-Président de l’Université de Franche-Comté et chercheur à l’Institut Femto-ST

"Élément le plus abondant de l’Univers, l’hydrogène représente 92 % en nombre d’atomes. Il serait dommage de ne pas l’utiliser comme vecteur d’énergie propre."


Vous êtes un des pionniers de la pile à hydrogène. Un sujet d’actualité, mais aussi d’avenir...

Effectivement, j’ai commencé mes travaux à la fin des années 1990 chez Alstom à Tarbes. Ensuite, à Belfort avec les universités et le CNRS, nous avons lancé des sujets de recherche qui avaient vocation à intéresser le monde industriel. Comme l’amélioration de l’efficience énergétique ou la durée de vie des systèmes de piles à hydrogène, voire la réduction de leur coût. Notre petite équipe constituée il y a une vingtaine d’années compte aujourd’hui plus de 100 chercheurs sur l’hydrogène à Belfort.

Vous avez poursuivi avec passion l’activité de recherche dans ce domaine. Une réussite recompensée par la médaille de l’innovation 2020 du CNRS...

Nommé directeur-adjoint de la fédération nationale hydrogène du CNRS en janvier 2020, je dirige l’équipe SHARPAC (systèmes électriques, hydrogène, machines électriques) au laboratoire Femto-ST. Mais notre activité de recherche trouve désormais sa place dans l’industrie car j’ai cofondé il y a trois ans la société H2SYS. Créée avec Sébastien Faivre, son PDG, et quatre autres associés, cette start-up qui a bénéficié du soutien de la Région Bourgogne Franche-Comté et de la SATT Sayens, développe notamment des groupes électrogènes à hydrogène performants, écologiques et silencieux. Une autre start-up, Mahytec, a été créée à Dole (Jura) il y a déjà quelques années par d’autres chercheurs de Femto-ST. Une évolution naturelle. En effet, nous sentons depuis trois ou quatre ans une très forte augmentation des demandes et sommes sollicités pour collaborer sur de nombreux projets.

Dans quels domaines d’activité se déroulent ces projets ?

De nombreuses applications voient le jour : groupes électrogènes, véhicules industriels et bus, systèmes électriques de secours, cogénération pour l’habitat, aviation légère, trains... Facile à stocker et à produire localement, l’hydrogène peut être utilisé pour produire de l’électricité à très haut rendement (55 % alors que le rendement des moteurs thermiques ne dépasse pas les 30 %) et/ou de la chaleur (si on ajoute la production d’eau chaude sanitaire, les rendements dépassent les 90 %). Cette énergie ne pollue pas (si on fait appel aux sources d’énergie renouvelables pour la production d’hydrogène), n’émet pas de particules fines et ne fait pas de bruit. Dans la mobilité, les véhicules électriques à batterie et ceux dotés d’une pile à combustible seront complémentaires. Les premiers s’imposeront dans le transport léger et urbain, tandis que les seconds équiperont les véhicules lourds et la mobilité longue distance. H2SYS a ainsi participé à la conception de la première semi-remorque frigorifique fonctionnant à l’hydrogène au monde.

Comment voyez-vous l’avenir de l’hydrogène ?

Avec le plan massif annoncé en 2020 par le gouvernement français (7,2 milliards d’euros), la dynamique nationale, mais aussi internationale, s’est clairement accélérée. La maturité technologique des solutions hydrogène-énergie rencontre aujourd’hui une réelle volonté politique et des enjeux économiques, écologiques et sociétaux. A l’institut Femto-ST, nous travaillons notamment sur le diagnostic en temps réel de l’état de santé des piles à hydrogène. L’intelligence artificielle est aussi mise à profit pour améliorer les systèmes hybrides combinant batteries, super-condensateurs et piles à hydrogène. Enfin, la Commission européenne vient de lancer l’Alliance pour l’hydrogène propre pour doper cette activité. En effet, les besoins seront immenses : de 180 à 470 milliards d’euros d’ici à 2050… 

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La France dispose d’atouts importants dans le domaine de la fabrication additive, mais pour transformer ce potentiel en succès, il faut mutualiser les efforts de recherche. Le Cetim a donc décidé de réunir sous sa houlette les représentants des différentes actions nationales. Ici un exemple de fabrication additive d’une pièce aéronautique chez Safran. Source : Adrien Daste/Safran
En couverture :
La France dispose d’atouts importants dans le domaine de la fabrication additive, mais pour transformer ce potentiel en succès, il faut mutualiser les efforts de recherche. Le Cetim a donc décidé de réunir sous sa houlette les représentants des différentes actions nationales. Ici un exemple de fabrication additive d’une pièce aéronautique chez Safran.
Source : Adrien Daste/Safran

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