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Henri Morel, Président de la Fédération des Industries Mécaniques

"Il faut profiter de la situation difficile du moment pour mettre en œuvre une politique d’achats industriels équitable. Il suffit de prendre en compte les bons critères pour mesurer la compétitivité de l’offre française."

 Source : Olivier Raynaud
Source : Olivier Raynaud

Quelle est votre analyse de la situation économique actuelle ?
Nos entreprises ont été affligées par une forte chute d’activité de ses principaux secteurs clients comme l’automobile, le bâtiment ou encore l’aéronautique. Force est de constater que la mécanique française est durement touchée par la Covid-19 et qu’il faudra l’aider à dépasser cette crise sans précédent.
Justement, que pensez-vous des mesures prises par l’exécutif pour réduire ses effets ?
Le gouvernement a adopté des mesures exceptionnelles, plébiscitées par les dirigeants des entreprises mécaniques. Elles créent un choc de confiance qui pare le choc économique à court terme. Nous sommes maintenant incités à reprendre pleinement le travail. Mais comment conserver nos savoir-faire et compétences industrielles ? Comment remettre les usines en marche ? Comment éviter que dix ans de reconstruction industrielle du pays ne soient réduits à néant ? Les questions sont nombreuses.
Quelles solutions préconisez-vous ?
Une politique industrielle française forte, permettant de relocaliser rapidement certaines activités économiques actuelles assurera la conservation des savoir-faire et des compétences nécessaires pour s’inscrire au meilleur niveau dans l’Industrie du futur. Il faut également une prise de conscience importante sur l’achat. Ce dernier n’est pas seulement un simple acte du processus de production destiné à alimenter, en composants ou pièces élémentaires, les chaînes de fabrication. C’est, quand il est réalisé auprès d’un site industriel français, une contribution indirecte à la vie sociale.
Que faire alors ?
Il faut profiter de la situation difficile du moment pour mettre en œuvre une politique d’achats industriels équitable. Il s’agit de prendre en compte les bons critères pour mesurer la compétitivité de l’offre française. Les dirigeants d’entreprises doivent motiver leurs équipes d’acheteurs en fixant des objectifs intégrant les coûts et tenant compte des coûts de possession. Hélas, beaucoup de nos acheteurs raisonnent encore avec une logique d’achat classique (amélioration des "coûts - délais - qualités") en oubliant d’intégrer l’ensemble des coûts cachés qu’ils auront à supporter. Combien d’exemples de produits ou d’équipements achetés à l’étranger car moins chers que leurs équivalents français, mais qui ont conduit à des dépenses imprévues en matière d’installation, d’intégration, d’exploitation, de maintenance. Sans compter les coûts environnementaux de transport, de visites sur site pour qualification et réception des équipements… Cette politique d’achat centrée sur le prix unitaire bas a pourtant coûté cher à notre économie en termes de perte de compétences, de fermeture d’usines, de R&D sous-traitée et transférée en savoir-faire à l’étranger, en pollution importée au travers de produits fabriqués dans des pays très souples au regard des normes environnementales. Contrairement aux industriels français qui doivent les respecter strictement.
Avec quels bénéfices ?
Intégrer plus de composants, d’équipements fabriqués sur le territoire national, dans les produits des grands donneurs d’ordres améliorerait à terme l’ensemble de la chaîne de valeur économique. Et profiterait autant aux PME maintenues en activité qu’aux grands donneurs d’ordres. Un des éléments de notre souveraineté économique, au-delà des grands projets technologiques autour de nos champions, est de promouvoir une politique d’achats industriels responsable et équitable en France. Elle permettrait de faire face aux défis sanitaires, environnementaux et énergétiques de demain. Cela devrait être la contrepartie indispensable au plan de recapitalisation massive pour financer les pertes à court terme de nos champions nationaux et les plans d’investissement pour les technologies de demain. Ils en seront d’ailleurs, les premiers bénéficiaires compte-tenu de la politique de filière industrielle mise en œuvre en France...
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Durement frappée par la crise du coronavirus, l’industrie microtechnique reprend ses activités et les organisateurs du salon Micronora ont décidé de les aider dans leurs efforts en organisant du 22 au 25 septembre 2020 une édition digitale : e·micronora. Avec cet événement 100 % virtuel, Micronora souhaite ainsi accompagner et soutenir les industriels dans la reprise de leur activité, maintenir la visibilité de ses exposants, communiquer sur les technologies et les innovations dans le domaine microtechnique, faciliter les échanges et la découverte de nouvelles solutions.
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