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Matières premières : la pénurie, une menace pour la reprise industrielle

Fortement tendu, l’approvisionnement en matières premières des entreprises industrielles françaises risque de s’aggraver. En effet, la France manque de circuits électroniques, de bois, mais aussi de peinture ou encore d’acier. Une pénurie soudaine qui frappe toute l’industrie, et notamment les usines automobiles. Explication de cette situation catastrophique ? La demande qui s’envole en Chine et aux États-Unis, ces géants économiques raflant une grande partie des matières premières. Confrontées aux soubresauts du marché, les usines françaises ont dû baisser leur production de 4,7 % en février 2021. De plus, la raréfaction de l’offre provoque une augmentation sensible des prix dans de nombreux domaines comme l’industrie mécanique. Et surtout celle des microtechniques, qui utilise des matières premières nobles et chères (inconel, aciers spéciaux, titane, etc.).
Selon la Fédération des Industries Mécaniques (FIM), l’activité des industries mécaniques a évolué dans un environnement économique mondial très négatif en 2020. Durement touchée au premier semestre 2020 en raison du confinement, l’activité a néanmoins amorcé un redressement au second semestre, même si le volume des carnets de commandes est jugé encore insuffisant fin 2020. Les dépenses d’investissements dans l’industrie (prévision de + 6 % en 2021) laissent également augurer un redémarrage de l’activité des industries mécaniques. Tous les secteurs clients en France devraient accroître leurs investissements en 2021, à l’exception du secteur aéronautique pour lequel l’investissement productif devrait rester encore limité.
Parmi les autres effets de levier, il faut citer le Plan France Relance dont on commence à mesurer les effets positifs sur le dynamisme de l’activité industrielle. Restent les fortes incertitudes liées à la pénurie des matières premières, l’allongement de la durée d’approvisionnement et les hausses de prix qui pourraient freiner l’ampleur de la reprise en 2021.
Les industries mécaniques ont enregistré en 2020 un chiffre d’affaires de 120 milliards d’euros, en baisse de 10,8 % par rapport à 2019 (contre + 1,7 % en 2019). L’activité 2020, très impactée par la crise sanitaire, devrait néanmoins se redresser en 2021. Comparée au PIB français qui a baissé de 8,2 % en 2020, la baisse enregistrée par les industries mécaniques est donc plus marquée. Ce recul global touche à la fois les exportations (-12 %) et le marché intérieur (-10 %). Les secteurs d’activités qui structurent les industries mécaniques ont vu leur chiffre d’affaires chuter en 2020. Ainsi, les équipements de production et équipements mécaniques accusent un recul (- 8,5%) plus marqué sur les matériels de manutention, les machines-outils et les machines d’imprimerie. La production des composants et sous-ensembles intégrés (- 9,7 %) comporte plusieurs domaines plus affectés que les autres, comme la robinetterie, les engrenages et les transmissions. D’autres sont relativement plus épargnés, comme ceux des pompes et des compresseurs. La fabrication des pièces mécaniques par les sous-traitants affiche une baisse de 19,6 %, provoquée par la dégradation de l’automobile et l’aéronautique.
Ce qui explique en grande partie la chute sévère de l’activité des entreprises de fonderie, de la forge, du décolletage, du découpage-emboutissage et du traitement et revêtement des métaux.
La fabrication des produits de grande consommation marque également un recul de 7 % qui concerne surtout la coutellerie, les outillages et autres articles ménagers. Même situation dégradée pour les exportations. Avec un chiffre d’affaires à l’export de 46,4 milliards d’euros, la mécanique française conserve cependant sa 6ème place mondiale derrière la Chine, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Italie. La baisse de ses exportations (-12 %) en 2020 s’explique d’abord par le recul des livraisons vers l’Allemagne (-10,8 %), qui reste de loin son premier pays client avec 15 % de ses exportations. Le Brexit a également joué un rôle non négligeable et conduit à une forte contraction des expéditions françaises vers le Royaume-Uni en 2020 (-20,2 %).
Plus largement, les exportations vers les pays membres de l’Union Européenne, qui représentent 51,5 % des exportations de la mécanique française, ont chuté de 10,7 % en 2020. Hors Union Européenne, les exportations ont accusé un recul de 19,2 % vers les Etats-Unis qui demeurent le deuxième pays client de la mécanique française en 2020. Les ventes à destination de l’Asie-Océanie diminuent de 5,7 % avec 14,1 % du total des exportations en 2020. Les livraisons vers la Chine, septième pays client de la mécanique française, sont en baisse de 2,5 % en 2020. Enfin, les exportations diminuent significativement à destination de l’Afrique (-14,9 %), du Moyen Orient (-14,5 %) et de l’Amérique du Sud (-32,8 %). Le taux d’exportation de la mécanique française passe ainsi de 42,8 % en 2019 à 38,7 % en 2020, avec une balance commerciale globale déficitaire de 12,3 milliards d’euros en 2020.
Premier employeur industriel de France (environ 20 %), les industries mécaniques enregistrent une baisse de ses effectifs de 2,3 %, passant de 616 430 à 602 523 salariés. Ce recul relativement faible compte-tenu de la situation économique s’explique par la volonté des industriels mécaniciens de conserver leurs compétences. En attendant la reprise...

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Électrique, à hydrogène ou équipée d’une autre motorisation écologique, la voiture du futur bousculera la configuration des usines automobiles. 
Un big bang qui nécessitera de nouvelles solutions de fabrication qui devront marier agilité, flexibilité et automatismes avancés. Ici un pack de batteries fabriqué de A à Z avec les systèmes laser intelligents et en réseau de Trumpf. Source : Trumpf
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