INDUSTRIE DU FUTUR
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Relocalisation industrielle : mythe ou réalité ?

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Présenté début septembre par le gouvernement, le plan France Relance (que l’illustrateur Olivier Sampson a résumé dans une infographie suggestive) prévoit de consacrer un milliard d’euros aux relocalisations. On attend de celles-ci qu’elles renforcent notre souveraineté, créent des emplois, permettent de réindustrialiser le pays, le rendent plus résilient… Or, ces notions (souveraineté, réindustrialisation, résilience, relocalisation) recouvrent des sens assez différents.

En effet, la grave épidémie de coronavirus qui frappe la France depuis plusieurs mois a soulevé, parmi d’autres sujets importants pour toutes les entreprises, celui de la relocalisation de certaines activités industrielles parties depuis longtemps sous d’autres cieux. Réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 500 dirigeantes ou dirigeants d’entreprises industrielles françaises, l’enquête (1) de La Fabrique de l’Industrie met les pendules à l’heure. Une démarche originale qui a permis de les interroger sur leur recours à la sous-traitance étrangère ou leurs pratiques en matière de délocalisation et dévoile leurs projections pour les années à venir, concernant les relocalisations et les créations d’emplois.

Le premier enseignement de ce sondage est que seules 2 entreprises sur 10 ont recours à la sous-traitance étrangère ou à des délocalisations. La grande majorité des entreprises mène donc ses activités et ses approvisionnements sur le sol français. Sans surprise, les délocalisations et la sous-traitance étrangère sont plus répandues parmi les plus grandes entités (34 % des entreprises de plus de 50 salariés), et moins chez les plus petites (seulement 14 % des TPE). Par ailleurs, parmi les entreprises concernées, un quart seulement a accentué son recours à la sous-traitance étrangère ou aux délocalisations dans les dix dernières années. Un autre quart l’a réduit et la moitié restante l’a maintenu stable.

D’ailleurs, la délocalisation et la sous-traitance étrangère ne sont pas uniquement motivées par des questions de coûts. La réduction des coûts directs ou indirects (travail, fiscalité, réglementation…) est évidemment une des motivations du recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère, mais elle n’est pas la seule ni même peut-être la principale, contrairement à il y a vingt ans. En effet, près de la moitié (47 %) des entreprises y ayant recours invoquent une motivation hors coût et notamment, pour un tiers d’entre elles, la possibilité d’accéder à une expertise spécifique, à des capacités de R&D ou à un savoir-faire particulier. Pour les 53 % restants, la réduction des coûts se mêle au rapprochement des marchés étrangers.

Parmi l’ensemble des entreprises industrielles interrogées (incluant celles qui n’ont pas aujourd’hui recours à la délocalisation ni à la sous-traitance étrangère), 60 % envisagent dans les trois prochaines années de créer des emplois uniquement en France. Ce taux atteint 66 % lorsqu’on pose la question aux entreprises d’au moins 50 salariés et 79 % si l’on parle de créations d’emplois en France ou à l’étranger. Cet engouement est un peu moins marqué pour les TPE mais elles sont tout de même majoritaires (54 %) à envisager des créations d’emplois en France d’ici trois ans.

Par comparaison, 40 % des entreprises interrogées ayant recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère ont l’intention de relocaliser des activités dans les trois années à venir. C’est certes une bonne nouvelle, mais cela ne concerne donc que 8 % du total des entreprises. C’est un signe supplémentaire que des créations d’emplois industriels se profilent et que réindustrialisation ne rime pas nécessairement avec relocalisation.

(1) Sondage Ifop pour La Fabrique de l’industrie, réalisé par téléphone, auprès d’un échantillon de 501 dirigeants d’entreprises du secteur industriel, représentatif des entreprises françaises d’au moins un salarié dans ce secteur (méthode des quotas), du 21 au 30 septembre 2020.

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La France dispose d’atouts importants dans le domaine de la fabrication additive, mais pour transformer ce potentiel en succès, il faut mutualiser les efforts de recherche. Le Cetim a donc décidé de réunir sous sa houlette les représentants des différentes actions nationales. Ici un exemple de fabrication additive d’une pièce aéronautique chez Safran. Source : Adrien Daste/Safran
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La France dispose d’atouts importants dans le domaine de la fabrication additive, mais pour transformer ce potentiel en succès, il faut mutualiser les efforts de recherche. Le Cetim a donc décidé de réunir sous sa houlette les représentants des différentes actions nationales. Ici un exemple de fabrication additive d’une pièce aéronautique chez Safran.
Source : Adrien Daste/Safran

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